Aurillac

Un peu à la course le garçon, mais promis, Aurillac et les Européennes du goût étaient tellement bien, que je vous racontes en forme de bilan ce que pourrait être Aurillac à l'avenir...
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Que c'est bien l'ethnologie quand s'est fait avec talent. Sylvie Sanchez, anthropologue à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, raconte la culture des hommes, au travers de la pizza. De mondialisation à ré-appropriation, Sylvie Sanchez décrit cette véritable aventure d'hommes et de nourriture en utilisant ce "roboratif matefaim ambulatoire" comme fil conducteur. La stratification
américaine, les dispositions spatiales napolitaines et marseillaises, la complète brestoise, et l'invention du camion pizza, tout est là, se lisant comme un roman digne du meilleur cru des écrivains voyageurs de Saint Malo. Si pour vous la cuisine ne se limite pas, à de désespérantes recettes toute juste capables de satisfaire votre métabolisme, jetez vous sur ce livre qui tous les soirs vous laisse un violent désir de curiosité.
C'est une cuisson typique de la campagne au sud de la Chine. le riz est abandonné pour cuire toute une demie journée de travail. Cuisson douce et longue qui exalte la saveur du riz, encore faut-il que vous ayez choisi un très beau thaï ou basmati. Compter une dose de riz pour sept doses d'eau que vous portez à ébullition après avoir bien lavé le riz.
Une fois l'ébullition atteinte, réduir au maximum le feu et laisser cuire une heure et demi à deux heures. Le riz une fois sur cuit ne doit être ni trop liquide, ni trop pâteux. Vous aurez pris soin de le remuer qu'au début de l'ébullition et de ne jamais plus le toucher pour éviter d'avoir un gros truc pâteux à la fin avec les grains tous écrasés.

J'aime bien ce congee avec un peu de porc sauté au wok, déglacé à la sauce soja accompagné de ciboule ciselée. C'est tout.

Ce congee donne à sentir et à goutter le goût du riz et rien que du riz.
Bien sûr que j'ai essayé, tout comme vous, de faire mes yaourts. Mais, faut bien l'avouer, pas toujours une réussite, entre le choix des ferments, la qualité du lait et la minutie nécessaire. Heureusement, Hervé Mons, célèbre fromager de Roanne, a pris les choses en main avec la Société laitière de Vichy dirigée par Jean-Luc Genin. Et voilà un yaourt de folie. Il y a tout, la petite couche de crème sur le dessus, la consistance sans raideur, le goût de lait sans acidité agressive, alors je ne sais pas si c'est bon pour mon cholestérol, mais je peux choisir de le manger par couche, par plongées sauvages jusqu'au fond du pot ou par brassage cosaque. Nature bien évidement mais surtout avec une ribambelle de parfums donnés par des confitures artisanales d'Auvergne à épater Christine Ferber.
Airelles, cassis, fraise, framboise, myrtilles sauvages, mûres, poires abricots, rubharbe, crème de marron, fraise-miel-noisette, myrtilles bruyère, cassis-menthe, banane-vanille, 4fruits rouges.
Sans oublier nature et brebis.
Ou les trouver? Sur un axe Roanne, Vichy, Clermont. Ouais, c'est pas beaucoup, mais la production débute à peine. Alors si vous passez dans le coin cherchez ces petites merveilles ou alors organisez un trafic par potes interposés.
Société Laitière de Vichy, Z.I. Vichy Rhue, 03300 Creuzier le Vieux. 04 70 98 59 64
La Société Laitière de Vichy, produit aussi le "Lavor", très beau fromage de brebis d'Auvergne, et un truc un peu bizarre et hybride mais sacrément bon , c'est de la vache avec une éclisse d'épicéa et un croûte cambertii : la Contesse de Vichy.
Voici ce qu’un cuisinier me raconte : Gilles Pudlowski est venu déjeuner hier. Enfin, déjeuner.... l’office du tourisme lui a recommandé de venir chez moi. Montre en main il est resté 25 minutes, a pris un plat, ne l’a pas fini, a écrit sur son ordi le papier prévu pour octobre et m’a dit “estimez vous heureux que je sois passé”. Pour le même déj. monsieur Pudlo a enchaîné avec une brasserie. Nous pourrions croire à de l’aigreur de restaurateur, si ce n’est que Pudlo est assez coutumier du fait, puisque dans un restaurant reconnu en France et à l’étranger, comme un des plus inventif aujourd’hui, arrivait à midi, ce même critique dit en gros : j’ai pas envi de tous ces trucs, faites moi un morceau de viande. Et Hop ! Si nous rapprochons ceci d’une petite phrase entendue en fin d’après-midi de la bouche d’un critique travaillant pour un très gros hebdo de fin de semaine : je suis crevé, j’en ai fait 6 à midi.
En fait critique gastronomique, ne serait que le moyen de se la péter dans des grandes maisons, régulièrement, quand on en a ni les moyens, ni la culture !
P.S. En plus c’est très chiant de manger seul, et de faire plusieurs restaurants en un seul midi ou soir. On ne sent plus rien, on ne comprend plus rien, car la cuisine n’est elle pas avant tout humaine.
Deuxième P.S. En fait, dorénavant, quand j’aurai de petits ragots, je vous les rapporte, d’ac.?