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Aurillac

Un peu à la course le garçon, mais promis, Aurillac et les Européennes du goût étaient tellement bien, que je vous racontes en forme de bilan ce que pourrait être Aurillac à l'avenir...

Mardi 16 août 2005

Quatre petits jours d’escapade méridionale et l’occasion de faire un tour sur un marché entre Marseille et Toulon. Densité de population vacancière un peu épuisante, mais surtout un drôle de constat : Le marché était beau même très beau, plusieurs maraîchers vendant en direct un grand et beau choix de légumes et plusieurs poissonniers avec de superbes poissons de pêches locales.

De quoi satisfaire une curiosité gourmande légitime.

Et bien c’est là que je suis surpris, avec des prix égaux, voir inférieurs aux grandes surfaces locales, les vacanciers sont assez casaniers dans leurs habitudes alimentaires.
Par exemple, plusieurs maraîchers proposaient  une magnifique petite variété locale de poivron, le petit marseillais, à coté des habituels gros poivrons carrés, de couleurs pimpantes variées, chers aux bouquins compilations de recettes plus ou moins modes.

Poivron marseillais
 

En discutant avec les maraîchers, le petit poivron local n’est acheté que par les locaux, très peu de vacanciers tentent l’expérience de la forme et du goût différent.

Oignon de Simiane
 

Pareil pour le magnifique oignon provençal, le Simiane, les vacanciers préfèrent les habituels oignons paille de grandes productions.
Et pourtant, quel intérêt à la cuisine, si ce n’est la curiosité, et la découverte de l’autre, proche ou très éloigné.
Manger, c’est tout autant se nourrir qu’absorber du sens. Goûter l’autre, tester ses produits et l’interroger sur ses pratiques de cuisine et de jardin, c’est certainement une des manières les plus amusantes pour découvrir celui qui est étranger à notre culture quotidienne, à l’imaginaire de sa nourriture.

Loin de moi une quelconque colère, juste une sorte de vague à l’âme. L’acceptation de l’autre, de l’immigré et de notre voisin européen, passe aussi par la quotidienneté, de sa manière de penser, de son rythme de vie et de ses habitudes alimentaires. Une façon de nourrir notre découverte, et de construire peut être une société plus ouverte et tout au moins attentive à qui est l’autre.

Vous voyez, comme le disait Alain Chapel, la cuisine est loin d’être qu’une affaire de recette, mais bien plus un levier de la découverte, et une photographie de la société dans ses évolutions et ses réactions.

Bon demain, plus cool, ce sera recette. D’accord ?

par eric roux publié dans : Reportages
 
 
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