Infos

Pour tous renseignements, demandes diverses, voici le mail pour me contacter directement
rouxinfos@rouxcuisine.com

Retour vers l'accueil du blog
Site optimisé en 1024 x 768

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Newsletter

Inscription à la newsletter

Crédits

Design
sophiebook (contact)

Dessins
(huile d'olive....) Rémy Rouvet

webmaster contact

 

Aurillac

Un peu à la course le garçon, mais promis, Aurillac et les Européennes du goût étaient tellement bien, que je vous racontes en forme de bilan ce que pourrait être Aurillac à l'avenir...

Samedi 26 novembre 2005

Quel malheur mon bon monsieur pour trouver de la bonne viande de bœuf. D’ailleurs, êtes vous bien certain que c’est du bœuf ?
Mais connaît-on encore ce qu’est une bonne viande de bœuf ?
Une viande persillée, faite, pas trop jeune, bien élevée, et surtout joliment travaillée par un boucher qui sait maturer et découper. Imaginer un rôti, pas trop sanguinolent, a la tranche bien marquée par un gras intramusculaire que l’on dit persillé. Imaginer un pot-au-feu, mélangeant sur les conseils du professionnel, le jumeaux, le jarret, le plat-de-côte, d’une bête suffisamment âgée et là aussi du gras de goût.
Un de nos vénérables sénateurs, prompt à faire de joli rapport, vient d’en faire paraître un, consacré à la situation alarmante du troupeau allaitant français. Par des choix de politique agricole intra-française, et par la situation du marché recherchant toujours des prix d’achats toujours plus bas, le troupeau allaitant français serait tout doucement en train de disparaître.
C’est quoi le troupeau allaitant ?
C’est tout simplement le troupeau bovin de race bouchère. Une vache, de race bouchère, produit et allaite un veau, ce veau va donner, soit un bovin de sélection pour remplacer le troupeau adulte, soit une bête élevée et engraissée pour donner de la viande de boucherie. Pour cette production de viande plusieurs solutions :
- l’animal, nourri de lait, est sacrifié jeune pour donner un veau de lait.
- naît en fin d’hiver ou au printemps, le veau est gardé jusqu’à l’automne, mais les réserves fourragères de l’éleveur étant trop faible, il est vendu comme baby beef, ou broutard. Il est soit abattu, et donne une viande peu faite, fondant à la cuisson et de peu de goût. Plus souvent il part en Italie, ou élevé un peu plus longtemps, grâce aux bonnes conditions climatiques de la péninsule, il est abattu à un an et demi. Les avants seront transformés en viande hachée et les arrières à rôtir, peut-être renvoyés en France.
- dernière solution, le bovin est élevé, théoriquement d’herbe, fini aux céréales et abattu adulte, pour donner, qu’il soit mâle ou femelle, du bœuf de boucherie.
Mais il existe une autre source de viande en boucherie, qui représentai, suivant les sources, 70 à 50 % de la viande de boucherie en 2003 : le troupeau laitier. En effet, une vache laitière à la fin de sa carrière, après avoir été nourri, la plus part du temps d’ensilage et de compléments alimentaires, n’est pas mise à la poubelle, mais transformé en carcasse bouchère. Merveille de la rentabilité, cette vache, au pie surdimensionné, à la carcasse étriquée, déjà parfaitement rentabilisé par ses campagnes laitières, donnera une viande difficilement maturable pour cause d’alimentation acidifiante. Et puis, pas de persillé, toute l’énergie de la bête étant utilisée à faire du lait et pas de la viande.
Mais pourquoi, retrouver ces vaches laitières de réforme, majoritaire dans le circuit de la viande ?
Tout simplement parce que c’est moins cher. L’époque ou la viande bovine était considérée comme cher et ne trouvée place à la table familiale qu’une à deux fois par semaine, avec le rôti du dimanche, est bien révolue.
Et ce n’est pas une différence de prix pour quelques euros mais pour des centaines.
Une vache de réforme achetée par la G.M.S. coûte en carcasse 750 euros et elle est depuis longtemps rentabilisée par sa carrière de vache laitière.
Une jeune bovin (viande pas faite) de boucherie, 2 ans, est achetée 1300 euros la carcasse, par la G.M.S.
Une blonde d’aquitaine de 4 ans et demi élevée pour la boucherie, est vendue au boucher 3000 euros, auquel il faut ajouter 300 à 400 euros de perte après maturation.
Nous l’aurons bien compris, avec 70% de la viande de boucherie commercialisée, les Grandes et Moyennes Surfaces peuvent fixer leurs cours et orienté leurs choix sur le moins cher. Dispersés et ne représentant que 30% du marché ceux que l’on appelle trop simplement les artisans, ont bien des difficultés s’ils veulent exercer leurs savoir de boucher.
Ce n’est visiblement pas seulement le troupeau allaitant qui est en voie de disparition mais l’ensemble de savoir faire boucher et par conséquent une qualité culinaire.
Car pour avoir un bon rôti et un bon pot-au-feu ce sont bien au moins trois conditions qui sont nécessaires :
- des races bouchères, sélectionnées pour donner au bout de trois à quatre ans des carcasses développées à la viande persillée et faite. Charolais, limousin, Blonde d’Aquitaine, Maine-Anjou,... Aussi des races dites mixtes pouvant donner du lait des veaux et de la viande comme les valeureuses normande, Salers ou Aubrac.
- un élevage qui prend son temps, impliqué dans une vision durable de l’économie agricole, ou l’éleveur utilise avant tout les productions fourragères et céréalières de son exploitation pour amener ces bêtes à maturité. Car la rentabilité n’est pas seulement produit du temps mais aussi de la volonté de faire bon, sain pour les gourmands et pour l’environnement.
- enfin un boucher capable de choisir ses bêtes et surtout de débiter avec savoir ses carcasses, cherchant à mettre en valeur les différents morceaux par une maturation et une découpe précise.

Le chantier est énorme mais peut-être pas impossible. Avec encore quelques bons éleveurs, bons bouchers, le partage des adresses et surtout la diffusion du savoir il pourrait devenir de moins en moins difficile de trouver des viandes de qualité.
Mais peut-être qu’avant tout c’est un choix politique, d’une agriculture durable prenant en compte la pérennité de la qualité organoleptique et sanitaire de notre alimentation et des productions agricoles.

par eric roux publié dans : Produits
recommander

Commentaires

L'autre jour, quand il fut question des steacks hachés garantis quasi mortels, je m'étais dit que je m'étendrais plus sur la question, mais, flemmard comme je suis, j'ai laissé tomber...
Heureusement qu'Eric est là (et pis c'est son blog!) pour relever le coup et se mettre à souffler sur les braises du barbecue...
Moi je suis convaincu que si sur un plan politique, des choix importants sont à faire(agriculture productiviste - gros sous pour certains- contre retour de valeurs fortes qui ont fait l'histoire de nos campagnes), par contre sur un plan culturel, les consommateurs ont un grand chemin à faire: mettre en cause leurs habitudes de nourriture, rejeter la pensée unique des grands surfaces qui fait croire que prix bas c'est préservation du pouvoir d'achat!
Enorme mensonge! Elles se livrent entre elles un combat qui est contraire au bonheur du consommateur... Ce bonheur qui n'est pas dans la viande hachée tous les jours, dans le saumon toute l'année, dans les pizzas surgelées,etc...
Si l'on compte en fantassins, l'armée des consommateurs est la plus fournie...
C'est elle qui détient les clefs de la victoire!!!
commentaire n° : 1 posté par : daniel (site web) le: 26/11/2005 11:18:55
ah ben voila, éric a soufflé sur les braises donc, et daniel s'est enflammé :) ( pshouiiit )

avec raison, les deux, d'ailleurs.

commentaire n° : 2 posté par : krysalia (site web) le: 26/11/2005 13:56:39
J'imagine que tu connais le blog www.chocolateandzucchini.com ...,qui parle comme toi de bouffe, et qui est aussi très bien fait.

Entre dans le capharnaüm!
http://capharnaum.over-blog.org
commentaire n° : 3 posté par : Hypolite Brindavoine (site web) le: 26/11/2005 22:31:47
Quel beau débat sur la bidoche... Le consomateur se faire bourrer le crâne par la pensée unique. C'est sûr! mais ils en redemande.

Une bonne viande et plus chère mais personnellement j'ai fait le choix de ne manger que cette viande là quitte à en manger moins souvent et en plus petite quantité.

Patrick et Ségolène, grands adeptes de slowfood pourraient vous en dire long sur cette question
http://www.chazallet.com
commentaire n° : 4 posté par : Laurent (site web) le: 28/11/2005 07:26:20
100% d'accord sur le fait que la vache de réforme qui tente de se faire passer pour de la viande boeuf, n'a rien à voir avec une viande de blonde d'aquitaine ou de limousine.

J'ajoute 2 choses au propos:
1. Je pense que les bouchers sont nombreux à être passionnés et travailler à la qualité de leur produits. Sur Paris, il y a de nombreuses adresses avec de la très bonne viande et des bouchers passionnés
2. J'aimerai bien que l'étiquettage des viandes soit encore plus clair. Une première étape a consisté à afficher (souvent dans un endroit peu visible) les certificats de provenance de la bete. A l'image de la poissonnerie, qui affiche maintenant le lieu de provenance de chaque poisson (élevage ou non), j'aimerai bien voir sur l'étiquette chez le boucher, la race et l'age ! sir les poissonniers peuvent le faire pourquoi pas les bouchers ! Ca serait un beau progrés.
commentaire n° : 5 posté par : pml75 (site web) le: 28/11/2005 20:39:50
Et pourquoi pas obliger aussi tous producteurs, vendeurs et revendeurs de nourriture destinée à l'humain, de devoir signifier de quelque façon que ce soit, sa provenance mais aussi de quelle manière on l'a obtenue et produite?
Cela révolutionnerait les pratiques, un moindre mal, surtout cela décomplexerait tous ceux qui s'entendent à vouloir "faire bien" au mépris de l'engence qui ne jure que par l'efficace et le rentable...
commentaire n° : 6 posté par : daniel (site web) le: 28/11/2005 20:56:41
Vivant au coeur d'une région de production j'entends souvent parler de qualité médiocre de la viande.Savez vous le pourcentage de (viande de vaches réformées?)qui entre dans la composition des steak hachés que l'on trouve dans les barquettes des GSM,le % de gras et d'abats et le % d'eau? cela probablement autorisé par la CEE? De plus le P.V. de ces petites merveilles est aussi élevé que la marge.
commentaire n° : 7 posté par : Toubin le: 28/11/2005 22:20:55
Fils de boucher, je participe régulièrement au "tuage" du cochon en campagne.Il m'arrive également de travailler à la découpe de moutons et autre boeufs.Au contact des "gens de la terre" qui élèvent leurs bêtes pour leur consommation,je m'interroge sur les préocupations de chacun.
Bien évidement la viande à un cout et de surcroît la bonne viande,mais les plats cuisinés industriels et produits transformés remplacent bien souvent la viande et le poisson dans les "Kady".
Quelle est la raison de ce "choix" ?
Le manque d'intérret que l'on porte à son allimentation,la fainéantise,l'ignorance, le besoin d'appartenir à un groupe social...
Dans tout les cas,le pouvoir est aux consommateurs.Seul notre comportement pourra avoir une action sur les industriels et la politique agroalimentaire.
Je suis plein d'espoir.
commentaire n° : 8 posté par : Thierry (site web) le: 30/11/2005 14:05:50
T'as tout compris... Thierry!
commentaire n° : 9 posté par : daniel (site web) le: 30/11/2005 20:41:01

Incroyable...


J'ai acheté hier un roti de boeuf et je cherchais sur internet une recette originale... voilà que je tombe sur un site qui parle de roti de boeuf type viande et non laitière.


Curiosité oblige je vais voir sur l'étiquette de mon roti de boeuf acheté chez une grande enseigne de surface: et PAF: c'est une vache de type laitière.


Je pousse la recherche et je tombe sur pas mal de sites dont le votre concernant la qualité de la viande... Oui j'étais ignorante jusqu'à aujourd'hui, et j'en regrette presque mon roti qui attend d'être cuisiné...


Moi qui cherche la qualité et l'équilibre dans mon alimentation, me voilà servie!


Voilà bien un sujet qui va faire le tour de mon entourage!


 

commentaire n° : 10 posté par : Tiyab le: 15/03/2007 16:18:08

Incroyable...


J'ai acheté hier un roti de boeuf et je cherchais sur internet une recette originale... voilà que je tombe sur un site qui parle de roti de boeuf type viande et non laitière.


Curiosité oblige je vais voir sur l'étiquette de mon roti de boeuf acheté chez une grande enseigne de surface: et PAF: c'est une vache de type laitière.


Je pousse la recherche et je tombe sur pas mal de sites dont le votre concernant la qualité de la viande... Oui j'étais ignorante jusqu'à aujourd'hui, et j'en regrette presque mon roti qui attend d'être cuisiné...


Moi qui cherche la qualité et l'équilibre dans mon alimentation, me voilà servie!


Voilà bien un sujet qui va faire le tour de mon entourage!

commentaire n° : 11 posté par : Tiyab le: 15/03/2007 16:19:11
Viande type laitière signifie:

viande de vache élevée pour pisser des litres et des litres de lait( holstein pie noire)et que quand elle n'en peut mais, qu'elle est épuisée, est remise à l'engraissement et qui se bouffe en quelques mois des hormones de croissance et des antibiotiques(ayant le même effet)afin de reprendre du muscle pour suffire à l'alimentation du prolétaire, trop joyeux de griller sur son barbecue du dimanche de chez auchan, de la bavette d'aloyau de merde...
commentaire n° : 12 posté par : Daniel D (site web) le: 15/03/2007 20:40:27

L'affichage est également insuffisant dans les restaurants. Beaucoup de consommateurs pensent manger de la bonne viande de boeuf dans des restaurants "à viande". J'imagine que si ces restaurants proposaient de la bonne viande de boeuf, ils s'en serviraient comme argument de vente, non ? (en mentionnant sur leurs cartes, "race charolaise" par exemple)


 

commentaire n° : 13 posté par : noémousse le: 15/04/2007 19:32:11

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Adresse de trackback pour cet article :

http://ann.over-blog.com/trackback.php?ref=79725&ref_article=1248212
ajouter un commentaire créer un trackback  
 
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus